L'article ci-dessous est paru dans le quotidien Le Figaro, Paris, France, page 11, le 6 octobre 1954.
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Aux quatre coins de la France, d'innombrables témoins, dont la bonne foi ne semble pas en cause, continuent à faire connaître aux pouvoirs publics des détails circonstancié sur l'apparition de soucoupes, demi-lunes, tonneaux, cigares et autres mystérieux engins volants dans leurs ciels respectifs.
Plusieurs Parisiens ont déclaré avoir vu, hier après-midi, des soucoupes volantes évoluant dans le ciel de la capitale. Des passants ont affirmé en avoir aperçu une vers 16 h. 30, près de la porte Dorée.
M. Pierre Allouis, représentant en cartonnage, roulait en taxi, lorsque le véhicule fut arrêté par un feu rouge. Entendant, dit-il, un sifflement strident, il regarda par la portière et vit un engin volant que [sic] disparaissait verticalement, laissant dans son sillage un panache de fumée.
M. Allouis décrit la soucoupe comme un disque plus gros qu'un avion normal et de couleur argentée.
Le même témoignage est rapportée par M. Gilbert Bacon, demeurant 25, faubourg Saint-Antoine, et par M. Paul Julien, peintre en bâtiment, qui habite 3, rue de la Pompe. Ce dernier, toutefois, estime qu'il s'agit non d'une soucoupe, mais d'une aile volante qui affecte la forme d'un triangle aux bords arrondis.
Au Bourget on explique qu'étant donné l'intensité de la circulation aérienne il est impossible de confirmer par radar le passage de l'engin à une heure insuffisamment précisée. D'autre part, le radar ne saurait enregistrer le passage d'un plus lourd que l'air que par une tache lumineuse quel que soit la nature de l'engin.
Au Havre, un chauffeur de taxi, M. André Lefèbvre, qui stationnait sur le port, a aperçu un disque incandescent qui, à l'ouest de Deauville, montait dans le ciel laissant derrière lui une traînée phosphorescente. Ce phénomène qui a été visible pendant dix minutes à eu également pour témoin plusieurs marins regagnant leur bateau.
M. et Mme Teyssier, qui campaient à Aurec-sur-Loire, dans la Haute-Loire, ont aperçu dans le ciel un objet lumineux qui ressemblait à un gros phare et qui se déplaçait à vive allure à environ 2.000 mètres d'altitude. L'engin émettait un faisceau lumineux de couleur orange et suivait une trajectoire nord-sud.
Deux habitants de Lézignan, MM. André Gardia et André Darzens, qui circulaient en camion ont vu - du moins l'affirment-ils - un disque étrange de 10 mètres de diamètre posé dans un champ entre Lagrasse et Villemagne (Aude).
A Bergerac, M. Jean Labonne assure qu'une "soucoupe" large de 3 mètres s'est posée dans son jardin. Un pompier de la ville, Jean Defix, corrobore ce témoignage.
Un cultivateur de Mégrit (Côtes-du-Nord), M. Henri Lehérissé, soutient qu'un appareil d'un diamètre de 1 mètre a atterri dans la cour de sa ferme. A l'intérieur de l'engin apparaissaient deux êtres bizarres de la taille d'un enfant.
L'autre soir, vers 21 h. 30, à Ablain-Saint-Nazaire, un engin qui avait la forme d'une marmite et qui tournait sur lui-même a été aperçu dans le ciel par deux personnes. A la même heure, un autre engin qui, cette fois, empruntait la forme d'un croissant, a été vu à Liévin.
Après avoir plané pendant quelques instants, le croissant se partagea en deux. La partie supérieure est alors restée immobile tandis que l'autre atterrissait dans un champ entre deux melons, d'où elle s'envolait peu après pour aller se rattacher à la partie restée en l'air.
D'autre part, entre Annoeuillin et Provin, près de Lille, une centaine de personnes ont observé des "croissants volants". Les brigades de gendarmerie de la région ont déjà recueilli de nombreux témoignages sur ces engins qui, au nombre de trois, ne disparurent qu'après vingt-cinq minutes d'évolution à faible altitude.
Premier de sa corporation à avoir été mis en présence des nombreux phénomènes, un journaliste lyonnais a affirmé qu'il avait pu observer un disque lumineux rouge au sud de la basilique de Fourvière.
L'autre soir vers 23 heures, sur la route de Montmoreau-Villebois-Lavalette (Charente), M. Jean Allary, 22 ans, a vu très nettement à la lueur du phare de son cyclomoteur un tout nouveau d'environ 1 m. 80 piqué de clous dorés qui était posé sur le bord de la route.
Lorsque M. Allary eut dépassé l'engin mystérieux, il se retourna à une courte distance mais ne vit plus rien. Des traces de sept mètres purent être relevées peu après à l'endroit désigné par M. Allary.